1120-image1-fr1355495108.jpg

Li-Fi comme Light Fidelity

À l’heure où la gratuité de l’acheminement des données est remise en cause par les opérateurs de télécommunication, émerge une nouvelle technologie le Light-Fidelity dit Li-Fi. Les réseaux risquent de se désengorger pour offrir un Internet à la vitesse de la lumière. Les opérateurs devront trouver d’autres arguments que la saturation des réseaux pour mettre en place leur Internet à deux vitesses et au passage, nuire à la Neutralité du Net.
 
 
 

Un Internet à deux vitesses

 
Depuis hier a lieu à Dubaï, la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales, un événement crucial pour l’avenir d’Internet. 193 états membres de l’Union internationale des télécommunications (UTI, organisatrice de la conférence sous la tutelle des Nations Unies) se réunissent pour réviser le Règlement des télécommunications internationales (RTI) datant de 1998.
 
 
La conférence s’achève aujourd’hui sur un refus des États-Unis d’accorder plus de pouvoir à l’UTI.
 
« Les États-Unis ont annoncé aujourd’hui qu’ils ne pouvaient pas signer le texte dans sa forme actuelle…(…)… Les États-Unis ont toujours pensé que le traité en négociation à Dubaï ne devait pas s’étendre au contenu d’Internet ou à sa gouvernance » : Terry Kramer, chef de la délégation américaine.
 
Selon les États-Unis, qui ont largement profité d’une absence de gouvernance internationale du Net via Google, FaceBook, etc., le nouveau traité est une menace pour la liberté d’Internet.
 
Outre les enjeux politiques qui visent à repenser la régulation du Net, des enjeux économiques sont au cœur du débat et des milliards de dollars avec.
L’ETNO (représentant les opérateurs télécoms européens) propose un Internet à deux vitesses pour répondre à une demande de plus en plus accrue de volumes de données.
 
« Nous sommes supposés investir massivement dans les tuyaux afin de fournir la capacité nécessaire pour répondre à l’explosion de la consommation, et du trafic de données sur nos réseaux. Dans le même temps, les sites qui créent ce trafic n’entendent pas gérer le réseau d’une manière appropriée et globale. Il y a donc un déséquilibre dans le système » expliquait le PDG d’Orange, Stéphane Richard, l’an passé dans une interview du Figaro.
 

 
L’ETNO souhaite que le nouveau traité RTI permette aux opérateurs d’autoriser la différenciation de la qualité de service.
Ce nouveau modèle économique consiste à mettre en place des offres Premium pour les internautes qui souhaitent visionner des vidéos sans coupures et de faire contribuer les gros consommateurs de bande passante, comme YouTube et Google pour financer les infrastructures. 
 
Le danger selon La Quadrature du Net :
  • Nuire à la liberté de communication
  • Mettre en péril la vie privée
  • Freiner l’innovation et la compétition
  • Réduire l’incitation à investir dans l’amélioration du réseau
 
Les opérateurs argumentent en parlant de saturation des réseaux mobiles. Techniquement, il est certain que le Wi-Fi peine à répondre à la demande en hausse de trafic de données. L’Internet mobile, le cloud computing et les réseaux sociaux ne cessent de croître. Dans les quatre prochaines années, le trafic Internet sera multiplié par 4. L’arrivée du Light-Fidelity dit Li-Fi, pourrait bien tout bouleverser.
 
 
 

Un Internet à la vitesse de la lumière : Li-Fi

 
Aujourd’hui les tuyaux saturent. Mais demain ils risquent d’offrir un Internet à la vitesse de la lumière grâce à une nouvelle technologie basée sur la transmission des données via la lumière, le Li-Fi. Il suffira d’une simple lampe LED pour se connecter à Internet depuis son portable, son mobile ou sa tablette.
 
 
Le système est semblable au morse. Les clignotements des ampoules LED invisibles à l’œil nu sont codés pour envoyer des informations.
Explication de Suat Topsu, chercheur à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et fondateur de la start-up Oledcomm :
 
"On fait du morse à très haute fréquence. Quand c’est allumé c’est un 1, éteint un 0. Et comme le numérique c’est des 0 et des 1, on peut transmettre du son, de l’image et Internet. Ça s’allume et ça s’éteint un million de fois par seconde pour le son, dix millions pour l’image et 100 millions pour internet. L’œil est incapable de le voir, le capteur, qui le transforme en données numériques, oui"
 
« Le potentiel de transport de données est sans précédant par rapport au wi-fi".
 
Les données vidéos ou audios pourront défiler à des débits vertigineux (une limite théorique de 1 Gbits/s par LED émettrice).
 
Dés 2005, les chercheurs de l’université de Kieo à Tokyo expérimentent les communications sans fil Li-Fi
Depuis 2010, avec la croissance des LED, de nombreux acteurs ont investi dans le développement de solutions Li-Fi.
En France en 2007, l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines se lance dans la technologie du Li-Fi. Son fondateur Suat Topsu crée en parallèle une start-up, Oledcom, pour signer des partenariats industriels avec la SNCF et Philips.
 
 
Lors du Web’12 et à la demande de France Télévisions, Oledcom, présente les premiers produits issus du Li-Fi : diffusion de programmes TNT, de streams audios ou encore la lecture de services de REPLAY depuis une tablette ANDROID équipée d’une clé USB réceptrice LI-FI .
 
 
En 2013, Oledcomm prévoit de commercialiser une lampe pour diffuser de la musique et en 2014, un Internet via la lumière. En attendant, la technologie du Li-Fi, standardisée auprès de l’IEEE, est en cours de test à la SNFC pour transmettre aux voyageurs des coordonnés GPS et dans un musée parisien comme guide audio via les tablettes et les smartphones.
 
La technologie du Li-Fi ne génère aucune interférence avec d’autres appareils électroniques et ne nuit pas à la santé contrairement au Wi-Fi.
 
Le côté insolite de l’histoire du Li-Fi débute en 1880 avec Alexander Graham Bell, inventeur du téléphone. C’est le premier à avoir communiquer via la lumière. Avec son photophone il réussit à transmettre sur plusieurs centaines de mètres le son de sa voix grâce à la lumière du soleil.
Alexander Graham Bell : « notre imagination peut-elle nous dire ce que sera le futur de cette invention ? ».
 
 

Auteur : Hélène Guérin

Hélène Guérin
Rédactrice, j'aime m'amuser avec les mots. C'est sûrement dû à ma dyslexie. Pourquoi écrire pour le Web ? Je baigne dedans au quotidien (webdesigner - ergonome) alors je veille sur les dernières technologies.

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *