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AdBlock bloque les pubs et déstabilise les sites

Les internautes n’aiment pas être pollués par une multitude de pubs. De plus en plus, ils utilisent des bloqueurs de pubs comme AdBlock, l’extension la plus populaire de Mozilla. Le problème, les sites gratuits vivent des revenus publicitaires.
 

Adblock déstabilise les sites

Le modèle économique de la plupart des sites ou blogs, qui proposent du contenu gratuit et de qualité, repose sur les ventes publicitaires. Mais parfois certains en ont tellement abusé que les internautes ont vite trouvé des parades, comme l’extension Adblock de Mozilla. Elle a été téléchargée 200 millions de fois et 6 à 7% d’utilisateurs français l’utilisent.
 
"C’est pourtant simple à comprendre : quand les sites arrêteront d’abuser avec les pubs, les gens arrêteront de bloquer ces dernières."  
 
Quelques éditeurs ont réagi en affichant sur leur site un message avertissant leurs lecteurs que la pub leur permet d’offrir une information gratuite et de qualité.
 
"A vous qui utilisez un logiciel antipub, ne vous en déplaise la publicité est ce qui nous fait vivre. Si vous aimez So foot.com, ne bloquez pas l’affichage des publicités. Merci.  So Foot."
 
Mais les internautes ne l’entendent pas ainsi :
"Cher So Foot, moi non plus […] mon Internet ne m’est pas fourni par l’Unicef […] A votre place j’aurais honte de quémander comme ça à vos lecteurs qui vous ont tout apport."
 
 
Marc Prieur, le créateur et actuel gérant du site HardWare.fr :
 
"En deux ans, le taux de blocage est passé d’un peu moins d’1/4 à un peu plus d’1/3 chez nous, c’est une pente dangereuse à moyen terme pour la survie des sites web tels que je les aient connus et aimés depuis mes débuts sur le web, c’est-à-dire d’accès gratuit, au contenu de qualité et qui ne ressemble pas à un sapin de noël pour la fraction de visiteurs ne faisant pas d’adblock."
 
 
 

Des publicités dites acceptables

 
À l’origine Adblock bloquait les publicités par défaut et proposait une liste blanche pour soutenir les sites favoris des internautes. Depuis environ un an, l’équipe d’Adblock autorise l’affichage des pubs dites acceptables, avec des encarts discrets.
 
Tim Shumacher, directeur des communications d’Adblock :
"Il y a environ un an nous avons décidé de ne pas filtrer l’intégralité des publicités mais de laisser certaines d’entre elles. D’une manière générale, les utilisateurs ne sont pas si dérangés par la publicité. En fait les internautes ont tout à fait conscience que celles-ci permettent aux éditeurs de payer le contenu de leurs sites Internet ou les jeux gratuits.
 
Finalement, il n’y a qu’une petite portion de gens qui ne souhaitent absolument voir aucune publicité. Nous avons donc changé de stratégie parce que nous pensons que certaines publicités sont tout à fait légitimes."
 
 
 

Vers des offres premium ou un blockage de contenu

 
Certains sites, privés de leurs revenus, commencent à proposer des offres premium, d’autres, comme PC Impact, informent leurs lecteurs comment les lister dans la liste blanche d’Adblock. Des éditeurs plus virulents préférent pister les utilisateurs d’Adblock et leur bloquer l’accès à leur site.
 
Charles Cappart, directeur général et co-fondateur du site Playtv.fr :
 
"La pub, c’est 100% de notre chiffre d’affaires. On ne peut pas se permettre de laisser ce genre de phénomène évoluer, ça concerne quand même 3% à 5% de notre trafic. On a donc mis en place un script pour identifier les gens qui utilisaient ce genre de plugins, et on leur a bloqué l’accès à notre site."
 
Beaucoup d’utilisateurs d’Adblock essaient de contourner ce qu’on met en place, c’est un jeu de chat et de souris quotidien. On a même dû mettre quelqu’un qui se charge uniquement de les surveiller."
 
 

L’avenir d’Adblock vu par sa co-fondatriceTill Faida :

 
"Avec le temps AdBlock Plus devrait permettre à chacun de configurer les publicités qu’il ou qu’elle juge acceptable et selon ses goûts. Par exemple une vidéo très marrante qui fait le buzz pourrait ne pas être bloquée mais un lien texte inutile ne s’affichera pas. Nous sommes encore loin de ce stade mais c’est ce vers quoi nous tendons.
 
Par ailleurs, nous devons assurer une meilleure ergonomie pour les utilisateurs lambdas lesquels représentent tout de même 95% de notre communauté. Il y a en fait très peu de gens qui effectuent des filtres personnalisés."
 
 
 

Auteur : Hélène Guérin

Hélène Guérin
Rédactrice, j'aime m'amuser avec les mots. C'est sûrement dû à ma dyslexie. Pourquoi écrire pour le Web ? Je baigne dedans au quotidien (webdesigner - ergonome) alors je veille sur les dernières technologies.

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